Burn-out parental :
une réalité, pas une honte

«Je n’en peux plus, je suis out, à l’arrêt, stoppée, cassée. Je me sens écrasée par une fatigue extrême. Je ne ressens plus rien, je n’ai plus envie de rien. Juste d’être seule et de dormir. J’ai honte : je n’arrive même plus à m’occuper de mes enfants. Je ne m’imagine même pas retourner travailler. »

Claire, maman de Justin 3 ans et Coline 8 mois.

Témoignage d'une maman en burn out parental

Qu’arrive-t-il à Claire ?

Comme bien des mamans, elle est épuisée, vidée, à bout.

Elle a pourtant lutté contre ce stress qui la rongeait de plus en plus, cet épuisement qui la terrassait insidieusement. Elle ne pouvait pas s’arrêter, surtout pas : elle est une femme responsable, une maman qui se doit d’être au top pour ses enfants, une salariée fidèle et infaillible ! 

Aujourd’hui, sans le savoir encore, Claire est  victime de burnout maternel, d’épuisement parental.

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Qu'est-ce que le burnout parental ?

Le burnout parental se caractérise par un état de fatigue extrême, d’épuisement émotionnel et de détachement vis-à-vis de ses enfants, souvent accompagné d’un sentiment de compétence diminuée en tant que parent. 

En 1980, Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak, chercheuses à l’Institut de recherche en psychologie de l’UC Louvain et références internationales de la question, définissent le burn-out parental comme suit : C’est « un trouble survenant lorsqu’un parent est soumis à un excès de stress parental sans disposer de suffisamment de ressources pour en compenser l’effet. Le parent s’épuise alors dans sa parentalité, jusqu’à devenir l’ombre de lui-même, puis l’opposé du parent qu’il était et voulait être ». 

Les études qu’elles ont menées ont confirmé que ce syndrome d’épuisement général n’était pas seulement rencontré dans la sphère professionnelle avec l’épuisement au travail, mais aussi dans le cercle familial. Elles démontrent que le burn out parental n’est pas un état normal. 

Comprendre le burn out parental

Chaque père, chaque mère vit des moments de fatigue psychique et émotionnelle parfois intenses. Et c’est normal, cela fait partie du parcours de vie des parents : répondre aux besoins et sollicitations de ses enfants, aller les chercher à l’école, les emmener à leurs activités, assurer le quotidien à la maison, gérer les rendez-vous, et ce, tout en travaillant.  Un vrai défi qui impose une lourde charge mentale et une grande dose d’énergie.

La majorité des parents réussissent à jongler, même si certaines périodes sont plus que périlleuses. D’autres perdent l’équilibre et tombent dans un état d’épuisement que l’on nomme « burn-out ». 

Si ce terme est de plus en plus employé et compréhensible dans le domaine professionnel, il est à éclaircir du point de vue parental. En effet, le burnout parental n’est pas :  

Le baby-blues surgit dans les premiers jours après l’accouchement et est à relier à des bouleversements hormonaux.

Le burnout s’installe progressivement et de manière persistante, affectant profondément le bien-être du parent, et ce, pour de longs mois. Il touche la santé mentale, la santé physique et la santé émotionnelle.

La dépression est un état général qui touche toutes les sphères de la vie ; le burnout parental est lié à un seul domaine de stress trop intense : la vie de parent. Les fragilités engendrées par le burn out parental peuvent favoriser un burn out professionnel, voire une dépression à plus long terme.

Attention : il est essentiel de comprendre que le burnout n’est pas une question de faiblesse ou d’incompétence, mais bien le résultat de multiples facteurs de stress cumulés.

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Le burnout parental : un fléau des temps modernes

Burn out parental : culpabilité

Tu as choisi d’être parent !

Aujourd’hui, la contraception permet de poser comme un réel choix de vie le fait d’avoir ou non des enfants.

La plupart des enfants sont donc en théorie le fruit d’un vrai désir parental, d’un projet familial. Les parents se doivent alors d’assumer pleinement leur rôle : hors de question de s’en plaindre ou de regretter cette décision ! 

« Tu as voulu des enfants, c’était ton projet de vie, ton idéal de bonheur : assume ! » : ces quelques mots placent les enfants au cœur de votre vie, avant même leur naissance. Tout choix, toute décision, toute action se fera désormais en fonction d’eux !

Comment ne pas culpabiliser de se sentir débordé, fatigué par ses enfants ?

Comment ne pas se dire qu’on n’est vraiment incapable, qu’on est le seul parent sur Terre à avoir voulu des enfants et ne plus être en mesure de bien s’en occuper ?

Des chiffres

Le burnout parental n’est pas un phénomène isolé, et  touche tout type de familles.

Selon une étude américaine sur l’épuisement parental en mai 2022, menée par l’université de l’Ohio State, 66% des parents qui travaillent sont touchés par le burnout.

77% des parents affirment même que c’est un défi au quotidien de concilier vie professionnelle et vie parentale (Étude de The Boson Project).

Et d’après une étude de l’Ifop pour l’application Mao en avril 2022, 34% des Françaises se sentent concernées par le « burn-out maternel ». 

La fréquence du syndrome ne dépend pas du nombre d’enfants dans la famille, ni de leur âge. On relève malgré tout que la majorité des cas de burnout survient :

Burn out parental : des chiffres alarmants
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Les causes du burnout parental

Les causes du burnout parental

Vive les réseaux sociaux et les images de mères parfaites qu’ils véhiculent ! Regardez toutes ces familles qui élèvent formidablement bien leurs enfants, qui sont toujours souriantes, détendues, avec des habits impeccablement repassés, dans des maisons si reluisantes…!!! 

Comment ne pas rêver de faire aussi bien qu’elles ? Et ce alors même que la réalité de votre quotidien vous renvoie juste que vous êtes loin de cette perfection malgré tous vos efforts ! 

Bien des mamans ont conscience que les réseaux sociaux leur font du mal, et pourtant, elles ne peuvent s’empêcher de chercher ces « conseils » stéréotypés, ces images superficielles qui les culpabilisent. Voire même de les relayer, de les partager à leurs amies, histoire de prêcher la bonne parole elles aussi !

Ces standards surréalistes, voire irréalistes de perfection ne sont pas brandis que par Instagram ou Tik Tok ; l’entourage proche aime lâcher de jolies petites phrases assassines du genre : « Vous laissez tout faire à vos enfants, et vous êtes étonnés qu’ils n’obéissent pas ? » ou « Moi qui pensais que tu serais capable de travailler et de gérer correctement ta maison et tes enfants… ».

Ces images trop parfaites (mais si merveilleuses…) et ces réflexions acides (mais tellement réalistes !!!) imposent une pression constante qui peut rapidement devenir écrasante et faire basculer le parent dans un état de stress précurseur du burnout : honte, déception de soi-même, écroulement de l’estime de soi sont des mots qui reviennent systématiquement dans la bouche des victimes d’épuisement maternel ou paternel. 

Une victime de burnout se sent seule, très seule, et ce, avant même de sombrer dans l’épuisement. 

Elle se tient en dehors des autres parents car elle se sent « nulle, incapable », incomprise par les autres. Elle imagine qu’elle est la seule à souffrir de la parentalité, que personne ne peut comprendre ce qu’elle ressent.

Le manque d’énergie la pousse à se replier sur elle-même, à se couper de l’entourage et à ne pas demander d’aide. 

L’éducation reçue et la pression sociétale poussent certains pères et mères à se persuader qu’ils doivent tout gérer en totale autonomie, sans faire appel à leur entourage. Le besoin de prouver sa compétence parentale peut même aller jusqu’à évincer son partenaire de vie de la gestion des enfants, même s’il en est le parent lui aussi.

Les parents sont aussi parfois très isolés de par leur situation géographique ou familiale et n’ont jamais de relais pour la gestion des enfants ; ils n’ont donc pas la possibilité de souffler et se ressourcer.

Ceux qui se retrouvent à devoir tout assumer pour une raison ou une autre finissent tôt ou tard par se sentir débordés, dépassés par la situation. À bout d’énergie, ils se sentent écartelés entre ce qu’ils s’imposent et leurs possibilités de réalisation. Ils se sentent seuls, incompris, sans soutien et se culpabilisent de ne plus pouvoir être le parent parfait. 

80% des mères et 90 % des pères ont une activité professionnelle… et jonglent entre vie de travail et gestion familiale. Concilier ses propres horaires de travail avec les heures de sorties d’école, la fermeture de la garderie, les vacances scolaires (toutes les 6 semaines et 2 mois l’été !), ou les congés pour « enfant malade » relève d’un grand défi pour la grande majorité des familles ! Défi qui dure de 15 à 20 ans selon les cas, si l’on considère la durée de scolarisation des enfants…

L'équilibre entre les exigences professionnelles et familiales est donc souvent difficile à établir et à maintenir. Les parents qui travaillent peuvent se sentir tiraillés entre leurs obligations professionnelles et leur désir de passer du temps de qualité avec leurs enfants.

Beaucoup disent penser à leurs enfants lorsqu’ils sont au travail et penser à leur travail quand ils sont à la maison… avec un beau sentiment de culpabilité à la clé !

Sophie, parent d'un enfant de 7 mois et d'un adolescent : "Avec un bébé et un adolescent à la maison, la gestion du quotidien est épuisante. Les besoins de chacun sont tellement différents, qu’entre les enfants et mon travail, j’étais dans une course effrénée du matin au soir ; j'avais l'impression de devoir être partout à la fois et de ne jamais être assez efficace. J'ai atteint un point où je ne pouvais plus supporter le stress. Je me suis écroulée. »

Un rapport de l’UNAF (Union nationale des associations familiales) fait émerger que 47 % des pères déplorent de passer trop peu de temps avec leurs enfants, attribuant la cause de ce manque de temps à leur activité professionnelle.

Quant aux femmes, elles souffrent d’une lourde charge mentale et sont souvent « obligées » de mettre leur carrière en arrière-plan pour assurer une présence auprès de leurs enfants.

La parentalité est une tâche exigeante qui peut entraîner une fatigue considérable. 

Nuits hachées, voire nuits blanches ; soins constants ; sollicitations incessantes ; préoccupations quotidiennes démultipliées ; frustrations de ne pas gérer les enfants comme on le rêvait : les sources d’épuisement s’enchaînent, se superposent et pompent les ressources physiques et émotionnelles des parents. 

Marc, 41 ans, père célibataire de 2 enfants avec une garde partagée : "Être père célibataire avec une garde partagée est un défi immense. Entre les allers-retours, les devoirs et les activités des enfants, j'avais l'impression de ne jamais avoir de temps pour moi. La fatigue et la frustration se sont accumulées, jusqu'à ce que je réalise que j'étais en burnout. J'ai dû apprendre à demander de l'aide et à trouver des moments pour me ressourcer."

Quand et comment se ressourcer ? 

L’idée de prendre du temps pour soi est difficile à concevoir pour certains parents : « Je rentre tard tous les soirs de la semaine à cause de mon travail, ce n’est pas pour laisser mes enfants le week-end juste parce que j’ai besoin, moi, de me reposer ! » Marielle, maman de 3 enfants.

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Les signes et symptômes du burnout parental

Reconnaître les signes du burnout parental est crucial pour agir rapidement.
Voici quelques symptômes courants : 

Les parents en burnout ressentent une fatigue constante qui ne disparaît pas avec le repos. Cette fatigue est souvent accompagnée d'un sentiment d'épuisement général qui met de longs mois à s’effacer.

« J’étais en overdose de tout ! Des enfants, des trajets dans tous les sens, des devoirs, des maladies, des cris, des disputes, des réunions, du travail, des gens… Je n’aspirais qu’à une chose : être seule sur une île déserte, et dormir… »
- Emilie, 33 ans, 2 enfants

Les parents peuvent se sentir détachés émotionnellement de leurs enfants, éprouvant moins de plaisir et d'engagement dans les interactions quotidiennes.

« Je regardais Hugo courir après le ballon comme s’il était derrière un écran. J’entendais les autres parents encourager leurs enfants et moi, j’étais là, incapable de lui crier la moindre parole. J’étais sec. »
- Charles, 46 ans.

« Les repas du soir m’étaient devenus insupportables : je n’avais pas envie de parler et encore moins d’écouter les enfants. Je cuisinais comme un robot, je servais les assiettes, je débarrassais vite. Je me forçais à jouer la maman attentive, mais j’étais complètement dépassée. »
- Maryne, 39 ans, maman de 3 enfants

Le burnout parental s'accompagne souvent d'un sentiment d'échec et de culpabilité, les parents se sentant incapables de répondre aux besoins de leurs enfants.

Ils se culpabilisent de ne pas renvoyer une image éclatante d’une vie parfaite, de ne pas être ce parent idéal qui gèrerait tout d’une main de maître, maison, enfants, travail.

Ils se déçoivent eux-mêmes de ne pas réussir à être ce parent merveilleux qu’ils ont si souvent rêvé d’être ou que les diktats de la société leur « imposent ».

Ils ont honte de s’écrouler dans cette quête de la perfection qu’ils s’infligent inconsciemment et qu’ils font vivre aussi à leur conjoint et leurs enfants !

Les parents en burnout peuvent devenir facilement irritables et frustrés, réagissant de manière excessive aux situations stressantes.

Ils sont souvent en yoyo émotionnel : ils oscillent entre les moments où ils débordent d’amour pour leurs enfants et les temps où ils voudraient bien ne plus les voir ni les entendre.

Les signes et symptômes du burn out parental
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Les conséquences du burnout parental

Le burnout parental peut avoir des répercussions profondes sur la santé mentale et physique des parents. Il peut mener à :  

Les enfants ressentent également les effets du burnout parental. Ils peuvent percevoir le détachement émotionnel de leurs parents et développer des sentiments de confusion, de tristesse ou même de culpabilité. 

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Comment prévenir et gérer le burnout parental ?

Comment gérer le burnout parental : les solutions et aides
  1. Prendre du temps pour soi : Il est crucial que les parents trouvent des moments pour se ressourcer, même si ce n'est que quelques minutes par jour.
  2. Pratiquer des activités relaxantes : Le yoga, la méditation, la lecture ou même une promenade peuvent aider à réduire le stress.
  1. Groupes de soutien : Rejoindre des groupes de parents peut offrir un espace de partage et de soutien précieux.
  2. Parler à des amis ou à la famille : Ne pas hésiter à demander de l'aide ou simplement à parler de ses difficultés.
  1. Thérapeutes : Un professionnel de la santé mentale peut offrir un soutien spécialisé et des stratégies adaptées.
  2. Conseillers parentaux : Ils peuvent aider à développer des techniques de gestion et à trouver des solutions concrètes.
  1. Prioriser les tâches : Identifier ce qui est vraiment important et se concentrer sur ces aspects.
  2. Déléguer : Ne pas hésiter à demander de l'aide pour certaines tâches, que ce soit au sein de la famille ou en sollicitant des services externes.
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Ressources complémentaires

  • « Le burn-out parental : L’éviter et s’en sortir » de Violaine Guéritault
  • « Vaincre le burn-out parental: Un guide pratique pour les parents épuisés qui veulent retrouver énergie et sérénité » de Cora-Line Marchiani
  • Forums de parents sur des sites comme Magicmaman ou La Leche League
  • Sites de soutien psychologique comme Psychologies.com
  • Applications de méditation comme Headspace ou Petit BamBou
  • Applications de gestion du temps et d’organisation familiale comme Cozi

Conclusion

Le burn-out parental est donc tout sauf un énième concept à la mode. C’est une réalité qui touche de plus en plus de parents, bien plus que ce que les chiffres annoncent dans la mesure où il n’est pas encore complètement reconnu.

Ce n’est pas un simple ras-le-bol ou gros coup de fatigue. Le burnout est à considérer très sérieusement. Il ne faut en tout cas jamais minimiser les symptômes et les conséquences de ce burn-out maternel ou paternel.

Si vous vous sentez épuisé, si vous avez le sentiment de ne plus faire surface, de ne plus arriver à assurer votre rôle auprès de vos enfants, ne restez pas seul !

Parlez de vos difficultés à votre famille, un ami, votre médecin, un psychologue.

Contactez-nous, nous saurons être à votre écoute. Parents, Nous Sommes Là ! 

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